Retour au point de départ : dessins d’enfant

Il est rare que je feuillette la volumineuse pile de mes dessins d’enfant. Mais quand j’y jette un oeil, je constate avec étonnement que je « savais mieux dessiner » à l’époque.

À 3, 4, 5 ans – quel élan ! Quel courage !

Même pas peur du rose, ni des étoiles ni des cœurs (qui me plaisent toujours encore).

Aucune crainte de la perspective, je ne la connaissais pas.

Pas d’humilité devant les ombres, je n’en esquissais pas.

Aucune tentative de donner à mes personnages un effet de reconnaissance – je décidais qui était qui, un point c’est tout.

Aucune idée de quoi les autres artistes contemporains au-delà du couloir de l’école étaient capables. Je ne pense pas non plus que cela m’aurait particulièrement intéressée.

Quelle confiance en soi se manifeste dans ces dessins.

Et quel sens de la composition ! Parfois le papier est régulièrement rempli de couleurs, parfois une grande partie vide reste couleur papier. Visiblement intentionnellement. Pas peur du vide.

Quel sens du rythme et de l’abstraction !

Et quel contraste sur l’une des feuilles, entre la très petite maison et la grande personne à côté. Savais-je déjà à l’époque que les personnes sont plus importantes que les objets ? Deux décennies plus tard, j’ai pu nommer ce principe de représentation : la perspective signifiante.

Quelle liberté et quelle modestie dans le choix des matériaux. Du papier brouillon suffisait.

Ces dessins transmettent tant de concentration et d’énergie.

Et comme j’étais productive à l’époque ! Plusieurs dessins finis par jour. Là où maintenant j’ai besoin de plusieurs semaines pour un seul.

J’ai jeté un tiers de mes dessins d’enfance. La plupart étaient bons. J’ai gardé les « plus beaux ».

Mon évaluation des dessinsm’a interpellée. Lorsqu’un dessin me plaisait beaucoup, mais qu’en regardant au dos je découvrais qu’il ne venait pas de moi, je pouvais m’en détâcher facilement. Quand mon propre nom était écrit derrière, je ressentais immédiatement une familiarité.

« C’est MOI qui l’ai dessiné ! » semble être une fierté très flexible.

De mes dessins d’adolescente, j’ai jeté les deux tiers. Ils dégagent plus de souffrance, l’insécurité commençait. Une fois qu’elle a été exprimée, je n’ai plus besoin de conserver l’émotion sous forme de dessin. Le but est atteint.

Ensuite vinrent les Beaux-Arts, où j’ai appris à canaliser cette énergie enfantine sans l’abîmer. Nous avons travaillé des techniques pour rester spontané avant de prendre le pinceau pour la dix-millième fois.

Puis il s’est agit de faire preuve de persévérance. L’enfant que j’étais dessinait en liberté, mais quand l’illustration devient un métier, les contraintes commencent.

Ces contraintes sont une bénédiction, car elles m’invitent à m’ouvrir et à explorer de nouveaux espaces visuels.

Néanmoins, deux critères d’évaluation continuent de m’orienter :

– « Est-ce que j’ai du plaisir à dessiner ? »

Si la joie a complètement disparu, quelque chose a mal tourné.

– « Est-ce qu’une certaine légèreté est visible aux yeux de la personne qui regarde le dessin ? »

Si elle fait défaut, je peux réfléchir à quel moment du processus je l’ai moi-même perdue, de sorte que son absence soit perceptible de l’extérieur.

Papier, plume, pinceau et encre

L’encre. Fluide. La plume en a beaucoup absorbé. Apparemment trop. J’écris un mot, beau et régulier, et à la dernière lettre – Plouf ! Mon mot flotte dans l’encre.

Le papier.

Le trait était parfait. Pour une seconde. Puis la feuille se comporte comme du papier buvard. Elle était plus poreuse que je ne le pensais. La ligne n’est plus nette.

La plume.

Je cherche à faire des lettres bien rondes à partir de mouvements ronds des bras. J’inspire et c’est parti. La plume résiste à mon élan. Bien trop tôt elle se hisse sur le papier et je ne peux pas finir ma lettre.

Le pinceau.

Un poil s’est détaché du pinceau. Il repose maintenant au milieu de l’aplat de couleur. Si je l’enlève avec le doigt, je détruis le calme régulier de l’application de couleur uniforme, qui va bientôt sécher complètement.

Le papier.

Je suis plongé dans le dessin. Je soutiens mon coude sur la surface de travail pour réussir un trait de pinceau incliné, et hop, c’est arrivé : le papier affiche sur son bord un pli incurable.

L’encre, encore.

Complètement absorbée, je continue de dessiner. Pendant ce temps, je ne remarque pas que ma main passe sur les traits que je viens de tracer. La couleur s’est dispersée là où je ne voulais pas l’inviter.

Plume, pinceau, papier, encre… si innocents.

Pour qui est-ce que je dessine ?

Ma cliente aime le dessin, et moi non. J’aime le dessin, et mon client n’est pas convaincu. Je peux désormais éviter l’une de ces deux situations.




Je ne soumets plus que des dessins qui me plaisent vraiment.

Personne ne doit tomber amoureux d’une illustration dont j’aurais honte.

Même s’il n’y a pas de honte à avoir honte…

Et quand ma cliente n’aime pas le dessin, il y a généralement une raison.

Souvent, je peux la comprendre. Je relève le défi.

C’est déjà beau et ça va l’être encore plus. Ou bien, c’est juste une question de goût.

Peut-être que je ne vois pas les couleurs correctement, qui sait ? Dans mon monde tout est beau, et… Que voient d’autres yeux ?

Alors aimer ou ne pas aimer, qu’est-ce que cela dit vraiment de la valeur d’un dessin abouti ?

Et d’ailleurs, pour qui est-ce que je dessine ? Pour moi ou pour vous ?

L’achèvement d’un dessin

La journée est terminée, mais pas le dessin. Comment vais-je pouvoir dormir cette nuit alors que le résultat sur le papier n’est qu’une simple déception ?

Chaque heure que j’y consacre ne fait qu’empirer le dessin.

J’en peux plus. J’ai besoin d’une pause.

Mais pour une pause, il me faudrait au moins un rendu provisoire.

Je veux dire, un rendu provisoire réussi.

Un qui me donne le courage de ne pas abandonner complètement le dessin.

Seulement, l’énergie ne suffit pas.

Et ce rendu provisoire, je l’attends depuis des heures.

OK. Quand est-ce que le dessin me plaisait encore ?

Hier. L’esquisse au crayon ? Oui.

Alors toutes les combinaisons de couleurs que j’ai essayées aujourd’hui, on les oublie ? Oui.

Quel gâchi de temps, d’énergie, de papier et de couleur ! – Oui, peut-être.

C’est décidé, j’arrête de dessiner pour toujours.

« Je ne dessinerai plus jamais ! »

Je ne sais pas dessiner de toute façon, apparemment.

Ça s’appelle être cohérente.

Quelle libération !

Ne plus jamais dessiner, imagine un peu !

Maintenant, ça vaut pour toujours.

Je veux dire : juste maintenant, tu vois ?

Ça aussi, c’est aussi libérateur.

De la tête au papier

Le petit personnage veut vivre. Alors qu’il n’existe encore que dans ma tête, il met mes mains en mouvement. Animée par sa force invisible, je sors le papier, les pinceaux, les plumes et toutes mes encres.

Dessin de style de bande dessinée. La petite femme lève les yeux dans les airs avec un sourire rêveur. Elle pose sa tête sur une main. Un petit cœur est dessiné au-dessus de sa tête.
Tusche Illustration im Stil einer Comic Zeichnung. Die kleine Frau im gepunktetem Outfit hält ein Huhn in den Händen. Mit Feder und Pinsel gezeichnet.
Dessin de style de bande dessinée. L'illustration à l'encre montre la petite femme en tenue à pois faisant un poirier. Elle sourit.
Tusche Illustration für die Kategorie "Körper Skizzen". Die kleine Frau mit gepunktetem Outfit steht vor einem Spiegel. Sie hält eine Hand auf seiner Oberfläche und schaut ihr Spiegelbild an. Sie fragt „Wer bist du?“. Die feine Zeichnung ist mit Pinsel und Feder gezeichnet.

– « Oui, oui, attends. Tout de suite. Maintenant, ça peut commencer. Et d’abord, quelle couleur veux-tu ? »

Le personnage bouge mes mains rapidement et j’ai déjà devant moi une infinité de pots d’encre.

– « Jaune ? Vert ? Vert doré ? Jaune vert ? Jaune poussin ? Jaune dent ? Jaune Formica ? Hmm… OK, ce ne sont pas exactement mes couleurs ! »

– « Mais ce sont les miennes ! »

Je dessine. Le personnage, qui n’existe encore que dans ma tête, n’est pas satisfait.

– « Je ne ressemble pas du tout à ça ! »

– « Je sais. »

Je dessine.

– « Pas comme ça ! »

– « Je saaaaais. Je me mets dans le bain. »

– « Bon, qu’en penses-tu ? »

– « Pas mal, mais pas bien. »

– « C’est aussi mon ressenti. Dis-moi, comment est ton nez ? Pointu, rond ? Petit, grand ? »

– « L’apparence de mon nez, c’est ta tâche. En tout cas je suis mignon, intelligent, joueur et tout simplement heureux. »

– « Tu en as de la chance. »

Puis vient le grand moment. Silence. Je regarde le dessin. Je ne sais plus où se trouve le personnage. Dans ma tête ou sur le papier ?

– « Hé. Tu es là ? »

Silence. Le personnage sur le papier me regarde. Il a l’air mignon, mais pas magnifique, intelligent, mais pas surdoué, joueur et heureux assurément.

Et vert, il a un air très vert. Alors je me demande quel effet fera ce vert doré sur mon site internet – un vert qui dans ses pires moments n’est que kaki et qui présente, à ses meilleurs jours, une touche chaude orangée. M’enfin… Ce n’était pas ma décision.

On dirait que ce personnage ne se fait pas de soucis. Ça m’inspire.

« Je ne m’en fais pas, tu l’as dit ! C’est l’idée que je ne sois pas comme toi ! »

– « J’en conviens. Oh et ! Tu parles à nouveau ? »

Je me remets à ma table de travail. Je dessine et dessine. Ils sont beaucoup. Soudain je ne sais plus où se trouve le vrai, l’original, le véritable personnage.

– « Elle, c’est toi ? »

– « Non. »

– « Et celui-ci ? »

– « Non. »

– « Mais où es-tu bon sang ? »

– « Celle-là a mon nez, celui-là a mes mains. Mes yeux, tu les prends ici. »

Le lendemain, aux premières lueurs, je bricole.

Puis cela se produit à nouveau. Silence. Je crois qu’aujourd’hui nous fêtons un anniversaire.

– « Maintenant il nous faut te donner un nom. Et qu’es-tu au juste ? Femme, homme ? Enfant ? Tout à la fois ? Es-tu très jeune, très vieux ? Les deux ? »

Mais le personnage ne parle plus. Il n’existe maintenant que sur le papier. Et moi, je peux me reposer.

Je me suis faite à la vie avec le petit personnage. Ce n’est plus aussi incroyable qu’aux débuts, mais c’est encore très sympathique. Parfois je pense que le personnage n’est pas assez élégant. Qu’il a un air un peu grossier. Je trouve qu’il a même parfois l’air bête. Mais attendez, suis-je une maman qui aime inconditionnellement, ou pas ?

Un cadeau très personnel – Life Map


Ressources, bienfait des relations et sources de sens. Le psychologue Mihaly Csíkszentmihályi a étudié pendant des décennies l’énergie psychique. Sa conclusion : lorsque cette énergie est canalisée vers un objectif choisi librement, un état de bonheur émerge, qu’il a nommé « flow ». Connaître les activités qui ont le potentiel de provoquer ces états nous donne la possibilité de les intégrer consciemment dans notre quotidien.

Étape 1 – L’intention. Le processus de création d’une Life Map exprime de la gratitude pour le chemin parcouru jusqu’ici et sert de souvenir des activités porteuses de sens. Les expériences transformatrices, les ressources, les sources de sens et de force ont aussi leur place dans une carte Life Map.

Étape 2 – L’accompagnement en psychologie positive. En plusieurs séances, le contenu est élaboré. Je reçois un briefing détaillé avec les éléments à dessiner.

Étape 3 – L’esthétique.
La cliente aime l’esthétique « à la plume » sur un fond sépia, similaire aux cartes de géographie antiques. Elle aspire à une certaine légèreté par le truchement de traits fins. Sa palette de couleurs comprend des tons bruns terre et des couleurs naturelles.

Étape 4 – Les références visuelles. Je reçois beaucoup de références : des photos pour les motifs et des exemples dont m’inspirer pour le style.

Étape 5 – L’esquisse au crayon avec texte à la main. Je développe ma proposition de composition. Les motifs au crayon doivent servir plus tard de modèle pour les traits à la plume. Les textes proviennent du briefing de la cliente ; je m’assure maintenant qu’ils apparaissent dans l’équilibre de la mise en page. La légende, écrite avec une calligraphie dynamique, s’inspire des anciennes cartes géographiques.

Étape 6 – Premier retour. Je mets en œuvre les changements que la cliente souhaite pour les détails des motifs. Un coup de gomme et soudain le visage, la posture ou l’objet sont transformés. Nous obtenons maintenant une première impression du résultat final.



Étape 7 – Démarrage du dessin final. J’aime placer le cadre en premier. C’est le décor dans lequel tout se passe. Les bordures de la carte sont méticuleusement dessinées à la main, avec l’accent sur des formes géométriques régulières et répétitives.

Dessin à l'encre. Ici, on ne voit que deux cadres (un grand et un petit), dessinés à la plume. Au centre, des zones de couleur à l'aquarelle évoquent les mers. Cinq îles sont réparties et dessinées à l'encre dans la version finale.

Étape 8 – Le dessin final. Avec une concentration joyeuse, je dessine les continents, les animaux, les bateaux et les armoiries au centre de la carte – à la plume et à l’encre de couleur. Pour les traits et les textes, j’utilise de l’encre noire ou sépia. J’aborde cette étape avec respect. C’est maintenant que les formes et les lignes définitives naissent. L’impression générale doit être tantôt délicate, tantôt puissante, tantôt arondie, tantôt droite aux endroits appropriés.

Étape 9 – Deuxième retour. Ma cliente peut maintenant noter d’autres détails qu’elle aimerait voir différemment. Je les insère. Et… avons-nous fini ? On dirait bien !

Étape 10 – Réflexion. Le dessin paraît étonnamment léger. J’accepte le processus parfois espiègle qui m’a offert à nouveau des défis à résoudre. Sur le plan du contenu et de l’esthétique, d’innombrables petites décisions ont été prises, souvent après avoir beaucoup hésité et réfléchi. Nous ne le voyons pas dans le dessin final – et c’est tant mieux !

Étape 11 – Impression de qualité Fine Art. J’envoie le fichier à l’impression Fine Art. Sur place, de fins ajustements sont effectués pour que le noir et les couleurs soient imprimés comme souhaité.

Étape 12 – Encadrement. La décision penche sur de fines baguettes noires et un verre de musée antireflet avec protection UV. La couleur du passe-partout est choisie selon le « principe des quatre yeux »…

Illustration pour un magazine

« Accueillir des personnes réfugiées chez soi. » Il est rare que les premiers croquis d’un projet restent intacts jusqu’à son aboutissement. Généralement, un dessin passe par une multitude de petites étapes qui ne mènent pas forcément vers l’avant. Ça progresse tranquillement, et soudainement, la clarté apparaît : « Nous y sommes ! ». Le magazine Transform se consacre aux « inspirations pour un changement sociétal vers une vie bonne pour tous ».

Étape 1 – L’intention. Traiter avec humour et profondeur les réactions à la « vague de personnes réfugiées » de 2015 en Allemagne.

Étape 2 – L’idée. Une personne aisée bienveillante, pleine d’empathie et peu encline à l’action.

Étape 3 – Le texte. Inventer et rédiger les pensées du personnage de manière réaliste. Plusieurs essais jusqu’à ce que les mots sonnent juste.

Étape 4 – Le décor. Un salon dans le style d’un magazine d’architecture intérieure me sert de décor. Je le dessine.

Esquisse noir et blanc sur fond blanc. Le dessin à l'encre au pinceau montre un salon dans le style d'un magazine d'architechture intérieure.

Étape 5 – Assemblage du personnage, du décor et du texte. En haut à gauche commencent les pensées qui se développent organiquement vers le bas à droite, dans le sens de la lecture, jusqu’à la femme qui les pense. Le texte manuscrit était trop irrégulier.

Dessin au crayon de couleur : une femme est assise sur le canapé dans un salon dans le style d'un magazine d'ameublement. Texte manuscrit.

Étape 6 – Rendre le texte lisible pour l’édition imprimée. Je décide d’utiliser une police d’écriture informatique qui laisse le texte en arrière-plan et offre plus de place au salon.

Étape 7 – Technique de dessin. Décision prise : ce sera un dessin à l’encre et au pinceau. Retour au style de l’esquisse originale du décor.

Étape 8 – Le personnage. Il doit ressortir. Le simple contraste entre deux couleurs primaires attire immédiatement l’œil sur la figure principale.

Étape 9 – Le titre. Pour que le titre de l’illustration s’intègre bien au dessin, il est écrit à la main – au crayon de couleur.

Ce dessin à l'encre bleue est la commande finale. Il montre un salon dans le style d'un magazine d'ameublement où une femme assise, vêtue d'une robe rouge, réfléchit à pourquoi elle ne peut pas accueillir de personnes réfugiées.

Réflexion ultérieure – À la réflexion, j’aurais préféré choisir un homme comme personnage principal, car statistiquement, la majorité des femmes dans le monde effectuent le « travail de soin » (care work). Mais l’humour ne s’arrête devant personne…

Dessin de couverture Vinyle & pochette de CD

Troisième album – Groupe de Jazz Swing Paris Gadjo Club. Cette couverture de vinyle et pochette de CD représente la conception du dernier album du triptyque « Café du Brésil » du groupe de jazz Paris Gadjo Club. Le fondateur du groupe, Christophe, avait besoin d’un troisième album musical pour ses nouvelles compositions. Il m’a dit : « Cette fois, il faut que ce soit vraiment la nuit. » L’invité de marque, Yamandu Costa, devait s’intégrer au groupe et sa contribution devait être honorée.

Étape 1 – L’intention. Conception pour le dernier CD de la série « Café du Brésil ». Après les deux premières pochettes de CD sur fond clair, une situation nocturne état de mise. Les musiciens, la chanteuse et le public sont arrivés au dernier acte de la journée : la nuit noire. L’ambiance a quelque chose de magique : la musique enchante les personnes présentes – il est tard, mais personne ne veut partir.

Étape 2 – Le motif. Le dessin devrait évoquer un concert en plein air par une douce soirée d’été. La rue doit être reconnaissable comme telle, avec des arbres urbains et un lampadaire. Au centre, le groupe doit être mis en valeur, jouant pour un public attentif.

Étape 3 – Au centre : le groupe de musique. Sur cet album un musicien est invité : le virtuose guitariste brésilien Yamandu Costa. Une merveilleuse trompettiste et un accordéoniste sensible élargissent la formation initiale. Tous doivent être montrés en pleine action. L’indication « Invité spécial Yamandu Costa » doit être placée quelque part de visible.

Étape 4 – Modèles. Je reçois beaucoup de références de Christophe : des photos des membres du groupe et des vues nocturnes de bars, cafés et restaurants avec des guirlandes lumineuses. Cela me donne une idée de l’atmosphère qui lui plaît et qu’il souhaite intégrer dans le dessin.

Étape 5 – La composition globale en esquisse au crayon. Comment occupons-nous le format ? Christophe souhaite à nouveau prendre le café comme décor. Je lui propose de montrer peu du café lui-même – contrairement aux deux précédents albums musicaux – et de créer plutôt une situation de scène. Pour la représentation de l’espace, la rue parisienne de nuit se trouve en arrière-plan. Au milieu du tableau se tient le groupe de musique, et au premier plan, nous voyons le public avec le nom du groupe et le titre de l’album.

Crayon sur papier. Esquisse d'une scène de concert en plein air devant le "Café du Brésil III". Un lampadaire et des arbres de rue encadrent la scène. Sur la scène, une chanteuse est accompagnée par sept musiciens. Devant se tient un public attentif. Sous la scène, le texte manuscrit indique "Swinging Brasil, Paris Gadjo Club". À droite de l'image, on lit "Invité spécial Yamandu Costa".

Étape 6 – La composition du groupe. Comment les musiciens, la musicienne et la chanteuse doivent-ils se positionner les uns par rapport aux autres ? Dans quelle direction leurs corps sont-ils inclinés ? Qui est debout, qui est assis ? Christophe voudrait que la formation soit placée comme lors des concerts. Je note l’ordre et les postures : la chanteuse, la trompettiste, le contrebassiste et l’accordéoniste sont debout. Les guitaristes sont assis.

Étape 7 – Feu vert de Christophe. Je commence le dessin final. L’illustration finale naît de nombreuses petites décisions. J’en liste quelques-unes ci-dessous.

Étape 8 – Choix des couleurs. L’arrière-plan est plutôt froid, avec de l’indigo et un turquoise très clair. La coulisse d’arbres à droite et à gauche dans un vieux bordeaux foncé met en valeur l’atmosphère nocturne, tout comme le halo blanc du lampadaire et des guirlandes lumineuses. En contraste, la scène avec ses couleurs roses et orangées saute aux yeux. Pour créer un constraste chromatique, les musiciens sont vêtus de tons froids bleu et vert, afin qu’ils ressortent de la scène aux tons chauds. Les couleurs ombrées et colorées animent la nuit, tout comme la musique jazz l’audience.

Étape 9 – Texte écrit à la main. Ici, je respecte le design de mes deux dernières pochettes de vinyle et de CD pour Paris Gadjo Club. Cet album doit bien s’intégrer dans la série. L’inscription « Café du Brésil » est directement dérivée de la typographie de la façade du bar homonyme à Paris. « Paris Gadjo Club » est écrit en biais, avec des lettres droites et une ombre stylisée. Les lignes plutôt géométriques contrastent avec les traits organiques du reste du dessin. Le titre de l’album, « Swinging the Choro », est écrit avec dynamisme au pinceau.

Étape 10 – Les visages. Certains membres du groupe regardent leur instrument, d’autres regardent les autres musiciens, tandis que d’autres encore gardent les yeux fermés – absorbés en eux-mêmes et dans la musique.

Étape 11 – Retour de Christophe. Il me demande de retravailler un visage et de remplacer un costume.

Dessin à l'encre. Illustration d'une scène de concert en plein air devant le "Café du Brésil III". Un lampadaire et des arbres de rue encadrent la scène. Sur la scène, une chanteuse est accompagnée par sept musiciens. Devant se tient un public attentif. Sous la scène, le texte manuscrit indique "Swinging Brasil, Paris Gadjo Club". À droite de l'image, on lit "Invité spécial Yamandu Costa". Les couleurs du concert sont orange, rose et violet. Les couleurs de la nuit sont cassia et indigo foncé.

Étape 12 – Le dessin est terminé !
Et ça continue, car les CD doivent être gravés et les pochettes de CD doivent arriver rapidement à l’imprimerie.

Étape 13 – Remise du document numérique à la graphiste. Sabine reçoit mon fichier de couverture ainsi que d’autres fichiers pour la jaquette du CD, le disque lui-même et le livret. Pour le livret, elle m’a demandé quelques « jets » de couleur. Elle avait aussi besoin des personnages extraits du décor. Pour le disque CD, elle reprend mes textes manuscrits sans fond. Elle s’occupe de la communication avec la maison d’édition des disques pour l’impression. Par ici pour découvrir la musique de Paris Gadjo Club.

Carte de vœux pour contacts professionnels

Un grand nombre d’entreprises et d’auto-entreprises ont pour tradition d’envoyer des vœux personnels à leur clientèle et à leurs partenaires pour le Nouvel An. Cette attention renforce la relation – elle fait aussi partie d’une stratégie de marque. Le message peut compléter la présence web professionnelle s’il est publié sur les réseaux sociaux au bon moment.

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Étape 1 – L’intention. Le neurochirurgien Marc Lévêque consacre son travail à la libération de la douleur chronique. Quelle scène pourrait visualiser les effets de cet engagement ?

Étape 2 – L’idée. Partager une vision heureuse avec les patientes et patients, le personnel hospitalier ainsi que les collègues, consœurs et confrères : une vie sans douleur chronique est possible. Quel symbole pourrait transmettre ce message ?

Étape 3 – Le personnage. Une femme, car les femmes sont les plus touchées par la douleur chronique.

Étape 4 – Le décor.
Notre personnage principal est accueilli dans un environnement amical et favorable à la vie. Pour elle, en cet instant, il n’y a rien à faire – elle se repose de son quotidien et de la douleur.

Étape 5 – L’esquisse. Crayon sur papier. Comment en valeur l’environnement et le personnage qui servent notre intention ?

Étape 6 – Le texte. Marc opte pour un message très concis, allant droit au but : « Vivre sans douleur ».

Étape 7 – Placement du texte dans la mise en page. Je reprends la mise en page classique de mes cartes de vœux pour Marc Lévêque : le texte est placé en bas, afin que l’image se déploie librement vers le haut. Avant que les mots ne soient lus, le dessin peut déjà transmettre une atmosphère subtile. De manière contemplative, la spectatrice et le spectateur peuvent se laisser imprégner par l’ambiance unique. Les mots se doivent de compléter l’impression globale en affinant le message dans la direction souhaitée.

Étape 8 – À la recherche des bonnes couleurs. Quelles couleurs apaisent ? Tout est possible, mais après plusieurs essais, je reste sur « vert pour les arbres » et « bleu pour l’eau ». J’aurais voulu trouver quelque chose de plus original, mais c’est précisément cette fidélité aux couleurs de la nature qui apaise notre œil – et cela correspond bien à notre intention. Pour créer un contraste joyeux, je cherche des couleurs complémentaires au bleu et au vert pour la prairie. Les fleurs apportent légèreté, espièglerie et sensualité ; le spectateur et la spectatrice peuvent presque en sentir le parfum. Les vêtements de couleur rose foncé et cassia de la protagoniste doivent l’intégrer aux fleurs et la détacher de la prairie claire. Ses cheveux sont plus sombres que les troncs d’arbres, afin que l’œil se pose d’abord sur elle.

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Étape 9 – Texte écrit à la plume. Il faut plusieurs essais avant que toutes les lettres ne paraissent dynamiques et régulières.

Étape 10 – Dessin à l’encre. Palette de couleurs douce et simple : vert, brun, bleu. Quelques fleurs colorées, pas criardes. La surface violette foncée du pantalon attire l’œil, les rayures horizontales détendent le personnage et contrastent avec les nombreuses lignes verticales de la végétation.

Étape 11 – Achèvement de l’image. La dernière version satisfait Marc autant que moi – nous avons fini !

Étape 12 – Validation pour l’impression. Parallèlement au processus de dessin, je me suis renseignée auprès de l’imprimerie sur le papier. Nous avons opté pour un papier de 400 g/m², non couché et dans un blanc légèrement plus chaud. J’envoie le fichier à l’impression.

Étape 13 – Fichier web. Marc reçoit de ma part une version JPEG légère, qu’il pourra publier sur son profil LinkedIn le 1er janvier.

Étape 14 – Envoi des cartes de vœux sur papier. Le résultat d’impression me plaît, tout s’est bien passé. J’emballe les cartes et les expédie en France à Marc. Ensuite, il pourra écrire ses vœux sur ses cartes et les envoyer à ses contacts.